THE OUTLAWS: Legacy Live (2016)

Musicians:

Henry Paul - guitar & vocals
Monte Yoho - drums
Chris Anderson - lead guitar & vocals
Randy Threet - bass & vocals
Dave Robbins - keyboards & vocals
Steve Grisham - lead guitar & vocals

Titles:

CD1 :
01. Intro
02. There Goes Another Love Song
03. Hurry Sundown
04. Hidin’ Out In Tennessee
05. Freeborn Man
06. Born To Be Bad
07. Song In The Breeze
08. Girl From Ohio
09. Holiday
10. Gunsmoke
11. Grey Ghost

CD2 :

01. South Carolina
02. So Long
03. Prisoner
04. Cold Harbor
05. Trail Of Tears
06. It’s About Pride
07. Waterhole
08. Knoxville Girl
09. Green Grass & High Tides Forever
10. (Ghost) Riders In The Sky

Une bonne nouvelle vient d’arriver pour la communauté du rock sudiste avec la sortie de ce double live des Outlaws, enregistré au fil de différents concerts et d’une grande qualité musicale. Ce disque propose de très bonnes versions des anciens standards et quelques titres plus récents en évitant le piège de la simple « cover ». L’auditeur passe ainsi un très agréable moment. Le mérite en revient à la voix splendide d’Henry Paul, restée inchangée durant toutes ces décennies, et au superbe travail des guitaristes Chris Anderson et Steve Grisham qui rivalisent de dextérité. Ils balancent ça et là les phrasés incontournables de Hughie Thomasson et de Billy Jones tout en y ajoutant leur propre style. La frappe efficace de Monte Yoho vient s’ajouter à l’ensemble. Ce double album offre un large éventail des meilleurs titres du gang de Tampa, certains proches de la version originale et d’autres plus actualisés. Après une intro hallucinée dans le plus pur style western (tonnerre, hurlement de coyote et guitare solitaire), les accords de « There Goes Another Love Song » résonnent pour nous emmener dans une folle chevauchée nostalgique. Juste après, le groupe envoie « Hurry Sundown » sur un rythme un peu plus lent que l’original. Ensuite, c’est la foire aux souvenirs ! Les grands classiques des Outlaws sont pratiquement tous interprétés et il est très plaisant d’entendre à nouveau des vieux morceaux tels que « Song In The Breeze », « South Carolina » ou « Gunsmoke ». Henry Paul imprime la marque de Blackhawk sur « Freeborn Man », qui sonne plus country, et « Girl From Ohio » est légèrement accélérée. Les deux gratteux s’éclatent sur « Waterhole » et « Knoxville Girl » pour la plus grande joie des amateurs de solos brûlants. Il faut également souligner une brillante interprétation de « Cold Harbor » (tiré de l’album de 1986 « Soldiers of fortune ») avec un solo quasiment identique à celui du disque. Le groupe puise également dans sa dernière galette en date avec « Hidin’ Out In Tennessee » (un country-rock classique qui s’achève en country rapide avec échange de solos), « Born To Be Bad » (un bon rock qui déménage et qu’Henry Paul annonce comme étant une « motorcycle song »), « It’s About Pride » (une ballade sudiste se terminant en cavalcade de guitares) et « Trail Of Tears ».Une bonne surprise nous attend aussi au tournant avec la reprise de quelques morceaux du Henry Paul Band. « Grey Ghost », un poil plus lent, balance sa part de solos incendiaires avec acrobaties en tous genres (triolets, tapping, violoing) et « So Long » prend toujours autant aux tripes. Pour terminer, Henry Paul cite les compositeurs de « Green Grass & High Tides Forever » (Franck O’Keefe, Billy Jones et Hughie Thomasson) et le groupe embraye pour une longue envolée de six-cordes surchauffées. Le traditionnel « (Ghost) Riders In The Sky » clôt le spectacle. Bravo ! Du bon boulot !

Cependant, il faut signaler quelques petits défauts. Notamment, l’adjonction d’un clavier qui n’a rien à faire dans l’histoire, The Outlaws étant par nature un « guitar band ». Des nappes ou un fond d’orgue se posent sur certains morceaux avec autant de délicatesse qu’un bison qui s’assoit sur un tabouret de bar. Ces interventions intempestives ne rajoutent rien aux chansons et entraînent même un manque de clarté au niveau des guitares rythmiques (comme sur « Hurry Sundown »), voire dénaturent certains titres (comme ce solo d’orgue incongru sur le break de « Freeborn Man » ou le solo de piano électrique sur « Prisoner »). Et puis, l’absence du regretté Hughie Thomasson se fait douloureusement sentir. On s’attend presque à entendre sa voix et son inimitable Stratocaster sur « There Goes Another Love Song », « Hurry Sundown », « Green Grass… » ou « Ghost Riders ». Mais ça, ce n’est pas un défaut, c’est une fatalité. Un souvenir intemporel d’une époque bel et bien révolue. En fait, il y a deux façons d’accueillir ce nouveau live du groupe de Tampa. Soit on laisse la nostalgie prendre le dessus en affirmant que, sans le légendaire Hughie, les Outlaws ne seront jamais plus ce qu’ils étaient. Les fans inconditionnels du génial guitariste seront sans aucun doute de cet avis et qualifieront cet album de dispensable. Ou alors, on oublie les vieilles querelles. On prend les choses comme elles viennent et on profite de la nouvelle dimension insufflée à ces morceaux qui ont bercé notre jeunesse tout en se disant qu’on a de la chance de voir un groupe aussi ancien revenir sur le devant de la scène et brandir bien haut l’étendard de notre cher rock sudiste. Après tout, le groupe actuel comporte le chanteur et le batteur d’origine. Et les deux guitaristes ont officié au sein des Outlaws du vivant de Hughie. Au final, la tradition et l’héritage sont respectés. En toute honnêteté, après avoir écouté cet album, un mordu des Outlaws ne pourra que dire « Franchement, ça assure bien ! » tandis qu’un amateur de rock sudiste au sens large appréciera la set liste qui comporte en plus deux morceaux du Henry Paul Band. Et les fondus de rock en tous genres s’extasieront devant le professionnalisme et le talent des musiciens. En résumé, ce disque va plaire à beaucoup de monde. Et puis, qui sait ? Où qu’il soit, Hughie est peut-être ravi de voir que son groupe tourne toujours et continue de satisfaire le public avec des chansons écrites il y a plus de quarante ans. « There goes another Southern song in the breeze ! »

Olivier Aubry

Les Outlaws font partie des rares survivants des groupes sudistes des années 70, on pourrait même dire des sixties puisqu'ils existent depuis 1967 ! En effet à part Molly Hatchet et Lynyrd Skynyrd (chacun avec au mieux un membre original), pas grand chose à se mettre sous la dent en termes de rock sudiste ces jours-ci... Encore heureux que Blackberry Smoke soit en train de prendre la relève ! Concernant les Outlaws, le seul membre vraiment d'origine (de 1967 donc) à savoir Hughie Thomasson, est mort il y a une dizaine d'années et c'est maintenant au batteur Monte Yoho (1969) et surtout au guitariste Henri Paul (1972) que revient la lourde tâche de maintenir le groupe en activité. Les autres musiciens ont rejoint le groupe de Tampa dans les années 80 voire il y a seulement une décennie !

Je n'ai eu la chance de voir les Outlaws qu'une seule fois en live, c'était au Arrow Classic Rock Festival en Hollande en juin 2007, peu de temps après leur reformation autour de Hughie Thomasson qui s'était enfin décidé à relancer son groupe après 10 ans de hiatus et sa participation à Lynyrd Skynyrd. J'étais donc très heureux de voir enfin cette légende du rock sudiste et je dois dire que le concert bien que trop court (festival oblige !) fut à la hauteur de mes espérances ! Malheureusement Hughie devait casser sa pipe moins de 3 mois plus tard, m'enlevant tout espoir de revoir un jour les Outlaws avec lui, je garderai donc précieusement le souvenir de ce concert de 2007...

Mais venons en à ce nouveau Live "Legacy" que le groupe a enregistré en 2015 à l'occasion des 40 ans d'anniversaire de leur premier album éponyme. On y retrouve une vingtaine de titres qui ont compté dans la carrière des Américains et on peut donc aisément dire que ce double album est une excellente entrée en matière surtout si on ne connaît pas bien le groupe. "Hurry Sundown", "Green Grass & High Tides", "(Ghost) Riders In The Sky", "There Goes Another Love Song", "Song In The Breeze" sont bien entendu de la partie mais on trouve aussi quelques perles comme "Holiday" qui sonne très Wishbone Ash, le très country "Knoxville Girl" qui nous plonge dans l'Amérique profonde ou encore "Freeborn Man" que les Allman Brothers ne renieraient pas !

On est donc très heureux de retrouver les Outlaws en si bonne forme et on espère bien qu'ils donneront très bientôt une suite à leur dernier album studio de 2012 "It's About Pride" et surtout qu'ils daigneront revenir en France pour une tournée digne de ce nom puisque sauf erreur de ma part leur dernière visite date de 1983 à la Mutualité ! Ça fait long...

Merci à Roger...

Olivier Carle